ETRE BÂTONNIER ?

Messieurs les bâtonniers,

Madame et Messieurs les délégués du Bâtonnier auprès des sections

Mesdames et Messieurs les conseillers titulaires  et suppléants du Conseil de l’Ordre et des Conseils de sections,

Chères Consœurs et  chers  Confrères,

Je vous confirme, par les présentes,  ma candidature pour être le bâtonnier de l’Ordre des Avocats au Barreau de Madagascar .

POURQUOI ETRE CANDIDAT BÂTONNIER ?

1.J’exerce la profession en tant qu’avocat titulaire depuis 30 ans maintenant.

J’ai été membre du Conseil de l’Ordre de 2004 à 2008, avec comme mission principale de créer l’Institut de Formation des Avocats de Madagascar (IFPA). J’ai été chef de file de cette commission et j’ai  accompli ma mission jusqu’ au bout. L’IFPA a été créée  et  est toujours là .J’y suis restée en tant que formateur pendant 10 ans.

Je connais aussi la CARPA, son fonctionnement ainsi que les avantages qu’elle peut apporter  aux avocats et peux vous raconter son histoire depuis 2005.

Je suis membre fondateur du SYAM  en 2011 (Syndicat des Avocats de Madagascar)  et l’une de nos actions les plus importantes, financée par le SCAC,  est la rédaction et diffusion des bulletins du SYAM à tous les avocats de Madagascar, l’objectif étant d’envoyer des informations ordinales, légales et judiciaires à tous les confrères. Les bulletins sont toujours sur le site syam.madagascar.wordpress.com et vous pouvez encore les lire.

Depuis 2004 donc, je n’ai jamais cessé d’apporter ce que je pouvais aux avocats. Je me suis volontairement tue pendant DEUX ans pour préparer cette candidature et je suis prête maintenant : POUR AGIR ET NE PLUS SUBIR, POUR ETRE ACTEUR ET NON PLUS SPECTATEUR.

2. Je ne fais pas de politique et ai, ainsi, l’avantage de pouvoir rester objective.

Vous avez pu remarquer qu’un vent d’intégrité souffle sur notre pays et est suivi d’actes. Des personnes que l’on croyait impunies sont poursuivies, il en est de même pour les auteurs d’abus de fonction de toutes sortes.

On a aussi beaucoup parlé de bonne gouvernance,  de transparence et de redevabilité,  de redorer le blason de la justice et actuellement des  actions concrètes sont entreprises. Ces trois principes sont certes rattachés à l’Administration mais sont aussi applicables à un groupe de personnes ayant les mêmes intérêts avec les mêmes effets positifs. Cet environnement me convient,  d’où aussi le dépôt de ma candidature.

LES ACTIONS QUE JE VAIS ENTREPRENDRE

1°) LA PRIORITE : RENDRE LA PROFESSION D’AVOCAT PLUS VISIBLE

Les rabatteurs, les greffiers, les huissiers et même les magistrats font notre travail et pourtant nous avons fait beaucoup de sacrifices pour être avocats, pour en vivre et faire vivre notre famille. Nous devons être plus visibles.

Le Conseil de l’Ordre ainsi que les conseils des sections profiteront de toute occasion, auprès de tous  média pour expliquer l’avantage de constituer un avocat pour tout litige né ou à naître.

Comme auparavant,  nous serons présents dans les  émissions à la radio, à la télévision,  dans les journaux pour expliquer les procédures, le droit dans tous les domaines, et pourquoi pas pour expliquer les nouveaux lois et décrets, qui touchent une grande partie de la population.

Nous ferons aussi une large publicité de nos faits sportifs ou sociaux, etc …?

2°) RENFORCER LA BONNE GOUVERNANCE ET NOTAMMENT LA TRANSPARENCE AU SEIN DE L’ORDRE DES AVOCATS

Nous ne serons pas crédibles si nous ne sommes pas une institution forte  et la  force d’une institution réside dans la bonne gouvernance, la transparence et le redevabilité. (Cfrt Bulletin du SYAM )

Rappeler dans tous nos  actes que le Conseil de l’Ordre est un Conseil de l’Ordre national  est essentiel. J’ai beaucoup appris de vous. Nous avons beaucoup à apprendre des avocats des sections   mais faute d’échanges d’informations,  leurs bonnes pratiques ne sont pas partagées.

Le Conseil de l’Ordre coordonnera  toutes les actions des sections, y compris celle d’Antananarivo, car la section d’Antananarivo sera appelée à fonctionner comme toutes les autres sections.

Chaque avocat saura les attributions de chaque membre du Conseil de l’Ordre et des  Conseils  des Sections  et saura ainsi à qui s’adresser en cas de problème. Si la Section n’arrive pas y trouver une solution, le Conseil de l’Ordre y remédiera. Si le conseiller responsable est indisponible, il sera remplacé provisoirement. Des commissions ad hoc seront créées en cas de besoin, car l’objectif à atteindre est l’efficacité.

La gestion financière de l’Ordre et des sections sera transparente.  Des procédures comptables seront mises en place et effectuées par un comptable salarié pour l’Ordre. Tous les DEUX mois, les avocats auront les détails des recettes et des dépenses, car la confiance n’exclut pas le contrôle et «  ny ahiahy tsy hiavanana ».

Tous les deux mois, les avocats seront informés des  décisions du Conseil de l’Ordre et des sections, sauf évidemment quand un avocat est concerné à titre individuel.

Toutes ces informations seront échangées entre l’ Ordre et les  sections pour être ensuite diffusées à tous les avocats de Madagascar par le biais d’un bulletin de liaison, qui pourront bien entendu apporter  leurs  remarques , critiques et propositions, C’est la seule manière pour nous de grandir ensemble , de nous sentir unis et solidaires  et  d’être forts face à l’adversité.

3°) RENFORCER LA COMPETENCE DES AVOCATS PAR LA FORMATION ET L’INFORMATION

Les avocats sont voués à renforcer leurs compétences au fur et à mesure  des dossiers qu’ils traitent. Du fait de mon expérience à l’IFPA et avant cela d’avoir été professeur  dans un lycée à Antananarivo,  je mettrai en place des modules de formation si possible auprès des sections et si le budget que les avocats auront déterminé le permet.

Néanmoins,  des fiches légales ainsi que des informations sur les nouveaux lois et décrets seront diffusées périodiquement  dans les bulletins de liaison.

4°) CONTRIBUER A L’AMELIORATION DE LA JUSTICE.

Nous sommes un millier d’avocats à être présents dans toutes les juridictions pour défendre les intérêts des  justiciables. Nous connaissons les dysfonctionnements de l’administration judiciaire et pouvons y proposer des solutions, voire contribuer à mettre en place des standards de services .Nous gagnerons en crédibilité auprès de nos clients.  Il est illusoire de parler d’amélioration de la justice si nous, en tant que représentants des justiciables,   ne sommes pas entendus et c’est notre droit.

Profitons de cette volonté affichée des autorités pour les informer que nous contribuerons à l’amélioration de la justice , en rassemblant les pratiques judiciaires qui méritent d’être revues et corrigées  pour solliciter des réunions périodiques avec les responsables et y trouver des solutions  . Les sections le font déjà à leurs niveaux, mais la réponse est différente d’une section à l’autre.

Je ferai tout mon possible pour que nous soyons entendus, pas une ou deux fois mais de façon périodique pour nous permettre de mesurer  les avancées, et au besoin de rectifier ou d’insister.

Les décisions judiciaires hors la loi seront diffusées dans le bulletin de liaison.

Les avocats n’arrêtent pas de parler entre eux de ce qui leur fait mal, mais sans plus. On nous voit souvent approcher individuellement le ministère de la justice pour des doléances à propos d’un dossier. Le cas peut trouver solution dans l’immédiat mais le vrai problème reste alors que nous pouvons mieux faire ensemble pour aboutir à un véritable changement.

Les avocats seront sollicités pour transmettre les informations utiles. L’Ordre et les sections iront  également vers les avocats pour trouver ces informations.

LES ACTIONS QUI SERONT DÉCIDÉES EN CONCERTATION AVEC TOUS LES AVOCATS

Beaucoup de questionnements  méritent une réflexion commune, entre autres :

  • Est-ce que la loi organisant la profession d’avocat est toujours d’actualité ? doit-elle être  réactualisée ?
  • Avons-nous besoin d’un code de déontologie qui déterminera les règles dans les relations entre confrères et avec les tiers ?
  • Quid des élections ? N’est-il pas temps de confier les élections du Conseil de l’Ordre aux délégués du bâtonnier auprès des sections ? Que faire pour que le mandat de DEUX ans dure réellement DEUX ans et que tous les membres des nouveaux conseils puissent commencer  à travailler le même jour, indépendamment  du moment de leurs élections (premier tour , deuxième tour etc…) ?
  • Faut-il garder le montant actuel des cotisations quitte à ne pas le faire rétroagir pour l’année 2018 ? Faut-il s’accorder sur les critères de fixation de ce montant et inventorier les besoins de toutes les sections, tribunaux de première instance compris pour une meilleure visibilité de la profession (idéalement maisons des avocats  – secrétariat –  ordinateurs – photocopieuses –  bibliothèques), déterminer les priorités et une durée pour satisfaire tous les avocats de Madagascar tout en tenant compte de leur capacité de contribution ?

Ces questions méritent réponses. Il est ambitieux de prévoir une rencontre de tous les avocats en un seul lieu. Des séances de réflexion pourront être programmées auprès des sections, les délégués et le Conseil  de l’Ordre pourront ensuite se réunir pour en débattre et décider.

 

Messieurs les bâtonniers,

Madame et Messieurs les délégués du Bâtonnier auprès des sections

Mesdames et Messieurs les conseillers titulaires  et suppléants du Conseil de l’Ordre et des Conseils de sections,

Chères Consœurs et  chers  Confrères,

Ceci est un engagement écrit que je respecterai.

Je suis prête à être votre bâtonnier pour le mandat à venir. Je suis libre et indépendante et n’ai aucune autre obligation.

Pour vous les hommes , regardez autour de vous , pensez à ce que font quotidiennement vos mères , vos sœurs , vos filles   , elles prennent soin de  leurs conjoints , de leurs enfants , de leur santé , de leurs études , des repas,  du foyer etc… avec amour ,  détermination , ordre et anticipation tout en exerçant leur  profession . Je fais partie de ce groupe de personnes.

Élire « une  bâtonnière »  n’est pas une faiblesse, bien au contraire, c’est une preuve d’ouverture d’esprit qui fera l’admiration des tiers.

Quant à vous les femmes,  examinez ce que je propose et soyez convaincue que je serai à la hauteur. Je serai votre fierté.

ENFIN, n’oubliez jamais que le bâtonnier représente les avocats dans tous les actes de la vie civile.  La personnalité du bâtonnier est importante car les tiers y voient le reflet de tous les avocats et je ferai tout pour  vous représenter dignement  et ce  pour la dignité de notre profession.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

Votre bien dévouée

Chantal RAZAFINARIVO

Avocat au Barreau de Madagascar

Pour plus de détails et d’échanges, je vous renvoie à ce blog que j’ai créé pour cette occasion  chantalraza.wordpress.com